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Cybersécurité

Le hacker n’a pas forcé la porte : on lui a tenu… (attaques hybrides et 5 actions simples en 2026)

La cybersécurité, ce n’est pas “un sujet informatique”. C’est un sujet de continuité d’activité, de réputation, et de pilotage des risques. Et lors de notre webinar avec Jérémy Nedjar, hacker éthique, un point a frappé tout le monde : certaines attaques ne commencent pas dans un data center… mais dans un couloir, à l’accueil, ou devant la machine à café. 

Le thème central : les attaques hybrides, celles qui combinent intrusion physiqueingénierie sociale (manipulation) et exploitation numérique. Ce mélange rend ces attaques particulièrement efficaces, car elles s’appuient sur ce que l’entreprise fait le mieux… faire confiance. 

À retenir  

  • Beaucoup d’attaques réussissent parce qu’un attaquant paraît “légitime”. 
  • La sécurité physique et la cybersécurité sont une seule et même chaîne. 
  • Les meilleures mesures 2026 ne sont pas forcément coûteuses : elles sont surtout simples, répétées et tenues dans la durée. 

Le point de vue “terrain” : l’attaque commence là où on ne regarde plus 

Jérémy intervient dans des exercices de type Red Team : des simulations réalistes d’attaque, pour vérifier ce qui se passe dans la vraie vie, pas dans une présentation PowerPoint. L’objectif est simple (et un peu inconfortable) : “Si quelqu’un essaie vraiment d’entrer et d’agir comme un attaquant, jusqu’où peut-il aller ?” 

Son retour d’expérience est clair : dans beaucoup d’entreprises, les contrôles existent, mais la routine les affaiblit. Et l’attaquant cherche moins à être brillant qu’à être crédible. Exemple évoqué : se faire passer pour un intervenant “évident” (type prestataire), profiter d’un contrôle trop permissif, et accéder à des zones sensibles. 

La leçon pour un dirigeant : la cybersécurité ne se joue pas uniquement sur des outils. Elle se joue sur les habitudes et sur la cohérence des règles, du portail d’entrée jusqu’aux accès aux données. 

L’ingénierie sociale : le superpouvoir des gens “gentils” 

Une phrase résume la réalité : la première vulnérabilité est humaine. Et c’est plutôt une bonne nouvelle… car on peut l’adresser sans “suréquiper” l’entreprise. 

L’ingénierie sociale fonctionne parce qu’elle exploite des réflexes naturels : 

  • aider quelqu’un qui a l’air pressé ; 
  • éviter un conflit ; 
  • être poli (et ne pas paraître “parano”). 

Les scénarios les plus efficaces sont souvent les plus simples : 

  • “J’ai oublié mon badge…” 
  • “Je viens pour la clim / le copieur / un incident urgent…” 
  • “Je suis avec eux.” (et hop, on passe avec le groupe) 

Petit trait d’humour (mais très sérieux) : en entreprise, la politesse est parfois le meilleur passe-partout. Un attaquant ne force pas une porte ; il vous fait tenir la porte. 

 

Les gadgets : pas besoin de “dark web”, juste… d’un panier en ligne 

Autre idée reçue : “Il faut être un pirate chevronné et clandestin.” En réalité, beaucoup d’outils et de méthodes sont accessibles, documentés, et utilisés aussi bien par des professionnels (pour tester) que par des attaquants (pour exploiter). 

Le risque n’est pas “l’objet” en lui-même, mais le combo :
outil + opportunité + inattention. 

Une entreprise peut avoir de bons systèmes… et se faire piéger par une situation banale : un poste non verrouillé, une prise réseau accessible, un badge prêté “juste deux minutes”. 

 

La démonstration qui marque : une seconde d’inattention, des données qui partent 

Le moment le plus parlant, côté dirigeant, c’est quand on réalise à quel point une action très banale peut déclencher une chaîne d’événements. 

Jérémy a illustré le risque d’une clé USB “piégée” (qui se comporte comme un clavier) : branchée sur un poste déverrouillé, elle peut exécuter automatiquement des actions et faciliter la sortie de données. 

La contre-mesure la plus rentable du monde (oui, vraiment) : verrouiller son poste quand on s’absente. C’est simple, gratuit, et pourtant rarement systématique. (Et pour ceux qui aiment les raccourcis : Windows + L.) 

 

Derrière l’incident : arrêt, perte de chiffre d’affaires, confiance érodée 

Au-delà de l’attaque “spectaculaire”, l’impact le plus fréquent est très business : 

  • arrêt partiel ou total de l’activité, 
  • retards clients, 
  • coûts de remise en état, 
  • perte de confiance (interne et externe). 

Et il y a aussi l’attaque “du quotidien” : compromission de comptes, usurpation d’identité, détournement de messagerie, voire contournement de doubles facteurs basés sur SMS dans certains scénarios. 

Conclusion dirigeant : la cybersécurité PME/ETI n’est pas un luxe, c’est un mécanisme de résilience. 

Découvrez facilement où se situe votre entreprise sur l’échelle de maturité cyber. 

Identifiez votre niveau parmi les 4 paliers de maturité cyber et repérez les actions prioritaires pour gagner en résilience.

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Les 5 actions simples (et pas forcément coûteuses) à mettre en place en 2026 

Voici une synthèse très concrète, orientée exécution, pour démarrer 2026 avec un plan clair. 

Verrouillage automatique + réflexe “poste verrouillé” 

  • Verrouillage automatique après quelques minutes d’inactivité. 
  • Message interne clair : “Je me lève = je verrouille”. 
  • Exemple donné par le management : c’est contagieux (dans le bon sens). 

Bénéfice : réduit drastiquement les attaques opportunistes. 

Sécurité physique : visiteurs, prestataires, badges, clés 

  • Règle simple : pas de badge, pas d’accès (même pour “quelqu’un de sympa”). 
  • Accueil outillé : registre visiteurs, badge visiteur, accompagnement. 
  • Sensibilisation des équipes non-IT (accueil, services généraux, prestataires). 

Bénéfice : ferme la porte aux intrusions “par crédibilité”. 

Comptes & mots de passe : gestionnaire + MFA robuste 

  • Interdire la réutilisation (c’est la porte d’entrée n°1). 
  • Préférer une MFA plus robuste que le SMS quand c’est possible. 

Bénéfice : limite la compromission en cascade. 

Hygiène IT : mises à jour + droits d’accès “au juste nécessaire” 

  • Mettre en place un patch management régulier (postes, serveurs, applicatifs). 
  • Réduire les droits : chacun accède à ce dont il a besoin, pas plus. 
  • Éviter les exceptions qui deviennent des habitudes. 

Bénéfice : réduit la surface d’attaque sans complexifier. 

Sauvegardes + PRA/PCA : savoir continuer, savoir redémarrer 

  • Sauvegardes testées (pas seulement “présentes”). 
  • Plan de reprise (PRA) et plan de continuité (PCA) simples, documentés, connus. 
  • Exercices courts et réalistes : qui fait quoi, dans quel ordre, avec quels outils. 

Bénéfice : moins d’arrêt, moins de stress, meilleure maîtrise des coûts.
Et, au passage, une démarche plus sobre : moins de rework, moins d’urgence, moins de gaspillage de ressources. 

 

L’avis de Mounir (Provectio) — “ce que j’ai retenu” 

« Ce que j’ai retenu : la cyber n’est pas un sujet de geeks, c’est un sujet de continuité d’activité. On peut avoir des outils, des firewalls et des licences… mais si quelqu’un entre dans les locaux, trouve un poste ouvert ou récupère un accès “trop large”, tout s’enchaîne très vite. En 2026, le meilleur ROI, c’est souvent : des règles simples, tenues dans la durée, et des tests réguliers — pour que le jour où ça arrive, on ne découvre pas nos faiblesses en direct. »

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Rédigé par

Mounir Ait Bahadda

Responsable du département Cybersécurité & RSSI

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Thierry – Chargé de compte

Qu’est-ce qu’une attaque hybride en cybersécurité ?

Une attaque hybride combine plusieurs approches : intrusion physiquemanipulation (ingénierie sociale) et actions numériques. Elle vise à profiter d’une faille “du quotidien” pour obtenir un accès. 

Pourquoi les dirigeants doivent-ils s’en préoccuper ?

Parce que l’impact est d’abord business : arrêt de production, retards clients, perte de chiffre d’affaires, atteinte à l’image et coûts de remise en état. La cybersécurité est un sujet de continuité d’activité. 

Quelles mesures simples ont le meilleur rapport efficacité/coût ?

Les plus rentables sont souvent : verrouillage automatique des postes, règles d’accès visiteurs/prestataires, gestionnaire de mots de passe, mises à jour régulières, et sauvegardes testées avec un PRA/PCA. 

Comment savoir si mon entreprise est vulnérable aux attaques hybrides ?

Un audit terrain ou une simulation (type Red Team, même “light”) permet de vérifier concrètement : accueil, contrôle d’accès, comportements, postes laissés ouverts, droits excessifs, procédures de crise. 

Par quoi commencer en 2026 si je dois prioriser ?

Commencez par les actions “zéro friction” : poste verrouillé, règles visiteurs, gestion des mots de passe et MFA, puis enchaînez avec patch management et tests de restauration/sauvegardes. 

05Fév2026

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