L’intelligence artificielle (IA) fait couler beaucoup d’encre – souvent présentée comme une révolution technologique capable de transformer les entreprises. Mais qu’en est-il concrètement pour les petites et moyennes entreprises (PME) ? Entre enthousiasme et interrogations, les dirigeants de PME peuvent se sentir partagés. Lors de notre récent webinar sur Copilot, un sondage mené auprès des participants a mis en lumière à la fois les freins perçus à l’adoption de l’IA et le degré d’avancement de son intégration dans leurs organisations. Les résultats sont éloquents : la grande majorité des PME en sont encore aux premiers pas, freins en tête, mais avec une envie palpable de progresser.
Des freins bien réels, mais surmontables
Quels obstacles retiennent les PME d’adopter l’IA ? D’après notre sondage, cinq grands freins se dégagent clairement. En tête, à égalité, on trouve le manque de compétences en interne et la crainte pour la sécurité des données, chacun cité par 26% des répondants. Viennent ensuite la difficulté à identifier des cas d’usage pertinents (23%) et le coût de mise en place de l’IA (17%). À l’inverse, seulement 8% des dirigeants sondés estiment qu’il n’y a aucun frein – une minorité encore rare.
Le graphique ci-dessous illustre la répartition de ces freins d’après le sondage réalisé :
Freins à l’adoption de l’IA dans les PME (en % de répondants au sondage)
Ces inquiétudes sont compréhensibles : une nouvelle technologie peut sembler complexe sans les talents appropriés, et exposer ses données à des outils externes soulève logiquement des questions de sécurité. Par ailleurs, beaucoup de dirigeants peinent à voir par où commencer – quel processus améliorer en premier grâce à l’IA ? – tandis que le coût initial peut effrayer lorsque les bénéfices concrets sont encore mal connus. Pourtant, chacun de ces freins peut être levé progressivement. Par exemple, le manque de compétences peut être comblé par la formation ou le recrutement ciblé, la sécurité des données renforcée par des solutions IA de confiance et conformes aux régulations, et l’identification des cas d’usages facilitée en échangeant avec des experts ou d’autres PME ayant déjà expérimenté l’IA. Quant aux coûts, ils deviennent de plus en plus accessibles avec des offres cloud à l’usage et des prototypes à petite échelle avant d’envisager un déploiement plus large. En somme, aucun de ces freins n’est insurmontable – ils demandent surtout du temps, de l’information et un bon accompagnement.
Où en sont les PME dans l’adoption de l’IA ?
Au-delà des intentions, qu’en est-il de la réalité sur le terrain ?
Notre sondage révèle que l’adoption de l’IA dans les PME en est majoritairement à ses balbutiements. À la question « Avez-vous déjà mis en place un agent IA dans votre organisation ? », près de 73% des participants ont répondu “Non”. Autrement dit, seule une PME sur quatre environ a déjà franchi ce cap en dotant son organisation d’un agent conversationnel ou d’un assistant intelligent. C’est encore une minorité, même si elle grandit de jour en jour.
Dans le même esprit, lorsqu’on demande « Où en êtes-vous dans l’intégration de l’IA dans votre entreprise ? », plus de la moitié (51%) indiquent n’en être qu’aux premiers tests individuels. Environ 23% n’ont pas encore commencé à intégrer l’IA du tout. Cela signifie que pour près de trois quarts des PME, l’IA est soit au tout début de l’expérimentation, soit encore au stade de projet. Seules une poignée déclarent avoir un déploiement partiel (11%) ou un déploiement avancé et structuré (14%) de ces technologies. La pyramide de l’adoption est donc encore base large et sommet étroit, comme le montre la répartition ci-dessous :
Degré d’intégration de l’IA dans les PME (stade atteint par les répondants)
Ce constat peut sembler prudent, mais il est en réalité plutôt encourageant. Voir que 51% des PME osent déjà tester l’IA, ne serait-ce qu’à petite échelle, c’est le signe d’un intérêt grandissant. Chaque test individuel – par exemple un collaborateur qui essaye un outil d’IA générative pour la première fois – est une graine plantée pour l’avenir. Et même ceux qui n’ont pas encore commencé (23%) sont probablement en train d’observer le marché et d’apprendre des pionniers.
Autrement dit, l’écosystème PME est en éveil : l’adoption de l’IA suit un rythme progressif, à la mesure des ressources et des contraintes de chacun.